Cancer du sein : d'une découverte faite en laboratoire à un traitement contre les cancers du sein résistants aux hormones

chercheurs devant un microscope

Les cancers du sein résistants aux hormones sont très fréquents et difficiles à soigner en cas de récidive. Une équipe basée au Centre Léon Bérard a mis en évidence un complexe de protéines impliqué dans leur développement. La mise au point d'une molécule prometteuse est désormais en cours afin de bloquer ce mécanisme. Elle représente un nouvel espoir de traitement pour les patientes touchées par ces cancers.

Cancer du sein : d'une découverte faite en laboratoire à un traitement contre les cancers du sein résistants aux hormones Cancer du sein : d'une découverte faite en laboratoire à un traitement contre les cancers du sein résistants aux hormones 2026-10-06T09:54:29+02:00 2026-10-06T11:30:21+02:00 /sites/default/files/2026-10/equipe_tredan_le_romancer_-_copyright_romain_etienne_-_copie.jpeg

L’étude NESTOR est dirigée par les Drs Stéphanie Sentis et Muriel Le Romancer, du Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon, et par le Dr Olivier Tredan, oncologue au Centre Léon Bérard. 

En étroite collaboration avec le Dr Giraud qui dirige l’équipe C3D (Centre de Découverte et de Développement du Médicament), basée également au Centre Léon Bérard, ils travaillent à développer un nouveau traitement à partir des résultats de leurs recherches et de l’expertise du Centre Léon Bérard dans le cancer du sein. 

Cette étude concerne les cancers du sein luminaux qui expriment le récepteur aux oestrogènes et qui représentent environ 85 % des cancers du sein. Après traitement, 25 % des patientes rechutent et ces formes de cancer deviennent alors plus agressifs.

Nous avons rencontré le Dr Stéphane Giraud, directeur scientifique de la plateforme C3D, pour en savoir plus sur ce projet de recherche :

« L’équipe « Résistance hormonale, méthylation et cancer du sein », des Drs Le Romancer, et Trédan, travaille au niveau fondamental sur les voies d’activations des récepteurs des œstrogènes. Ces récepteurs sont des protéines liant naturellement les œstrogènes, qui sont les principales hormones sexuelles féminines dans l'organisme. Ces récepteurs sont impliqués dans la prolifération des cellules cancéreuses. 

L’équipe étudie une voie d’activation particulière, la voie non-génomique, qui est impliquée dans la résistance des cellules aux traitements contre le cancer. Cette équipe basée au Centre Léon Bérard s’est vraiment démarquée sur le plan international grâce à ses recherches sur cette thématique. 

Grâce à cette découverte partant de la recherche fondamentale, nous avons décidé au sein de la plateforme C3D, de cibler cette voie d’activation des récepteurs des œstrogènes pour en faire une piste thérapeutique. En effet, un complexe de protéines particulier vient se former autour du récepteur des œstrogènes et ce complexe est impliqué dans la prolifération des cellules cancéreuses. Notre objectif est de bloquer la formation de ce complexe, très spécifique au cancer du sein.

Pour cela, nous avons initié un projet de recherche translationnelle et pharmaceutique, de manière à identifier une molécule capable de bloquer ce complexe. Cette molécule sera ensuite optimisée pour devenir à terme un médicament. Actuellement, l’équipe de chercheurs et cliniciens est en train de terminer de valider la molécule, pour passer ensuite au travail d’optimisation, dans le but d’obtenir la molécule la plus active possible pour son utilisation en traitement. »

Cette étude conjointe entre chercheurs et médecins illustre parfaitement le continuum soin recherche qui fait la spécificité du Centre Léon Bérard. Les échanges entre l’équipe des Drs Le Romancer, Sentis et Tredan et la plateforme C3D ont permis de lancer un projet de recherche qui aboutira en nouvelle piste thérapeutique.

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