Une unité de recherche pour mieux optimiser les traitements en pédiatrie

chimiotherapie cancer enfant

L’Institut d’hématologie et d’oncologie pédiatrique de Lyon (IHOPe : Groupement de coopération sanitaire entre les Hospices Civils de Lyon et le Centre Léon Bérard)  a créé très récemment une nouvelle unité dédiée à l’étude des traitements anticancéreux chez l’enfant et l’adolescent, une unité unique en France. Les principaux objectifs sont d’optimiser les doses de traitement et de limiter les toxicités secondaires afin d’augmenter, à terme, le taux de rémission à 5 ans à l’IHOPe (75% actuellement). 

Le principal traitement des cancers de l’enfant et de l’adolescent reste la chimiothérapie, c’est-à-dire des traitements médicamenteux, puisque la plupart des tumeurs des jeunes y sont sensibles. 
Le développement des nouvelles molécules répond aujourd’hui à un processus scientifique précis permettant de déterminer les modes d’administration optimaux, les profils de toxicité, les doses maximales tolérées et de mesurer leur efficacité, dans le cadre d’études cliniques de phase précoce I et II. 

Parallèlement, il est étonnant de constater que l’utilisation des anciennes molécules de chimiothérapie, encore efficaces et utilisées, n’a jamais été guidée par ce type de démarche.
 

« En effet, les schémas d’administration de certaines molécules anticancéreuses chez l’enfant et l’adolescent restent, d’une certaine manière, empiriques car non fondés sur des relations pharmacocinétique / pharmacodynamique (PK/PD) établies », explique le Dr Pierre Leblond, pédiatre oncologue à l’IHOPe, à l’origine de ce projet avec le Dr Michael Philippe, pharmacien de l’IHOPe

2 250 cas par an

Les cancers pédiatriques en France

Chiffre clé

Aussi, afin de mieux adapter et personnaliser les posologies des traitements anticancéreux chez l’enfant et l’adolescent, une unité de modélisation PK/PD (pharmacocinétique/Pharmacodynamique) a été créée au sein de l’IHOPe.  

« Ce projet repose sur une équipe ayant déjà une solide expertise de l’optimisation de traitements en oncohématologie. Les travaux de cette équipe ont notamment conduit à la création d’un logiciel dédié de modélisation PK/PD et d’adaptation posologique de traitements » explique le Dr Leblond.

Les principaux objectifs de cette unité, créée courant 2020, sont de construire des modèles explicatifs et prédictifs visant d’une part à mieux comprendre l’effet thérapeutique selon l’exposition au médicament et les caractéristiques individuelles du patient, et d’autre part à prédire cet effet thérapeutique à l’échelle individuelle et populationnelle, en vue d’optimiser les posologies de ces médicaments de manière personnalisée.


Ce projet, mené auprès des patients pris en charge au sein de l’Institut d’Hématologie et d’Oncologie Pédiatrique (IHOPe), est rendu possible grâce au soutien financier de deux associations : l'Association Philanthropique de Parents d'Enfants atteints de Leucémie ou autres cancers (APPEL) et les 111 des Arts. 
 

  • Chez l'enfant de moins de 15 ans, les principales localisations sont :
    • 29 %

      Leucémies (dont 80 % de leucémies aiguës lymphoblastiques)

    • 25 %

      Tumeurs du système nerveux central (SNC)

    • 10 %

      Lymphomes

  • Chez l'adolescent de plus de 15 ans, les principales localisations sont :
    • 27 %

      Lymphomes (dont 75 % de maladies de Hodgkin)

    • 17 %

      Tumeurs du système nerveux central

    • 14 %

      Leucémies (dont 63 % de leucémies aiguës lymphoblastiques)