Journée mondiale du cancer du Pancréas en novembre

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Le cancer du pancréas touche chaque année 11 600 personnes en France et ces chiffres augmentent. Détecté souvent tardivement en l’absence de signes cliniques distinctifs, il est malheureusement un cancer agressif qui va devenir, selon les estimations, la 2ème cause de mortalité par cancer d’ici 2030.

Cancer du Pancréas

9 signes qui doivent vous alerter pour ce cancer souvent détecté tardivement

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Le 15 novembre 2018, une journée mondiale dédiée au cancer du Pancréas

Cette journée mondiale a pour but de sensibiliser et d’informer le grand public sur ce cancer qui s’est hissé au 4ème rang mondial des cancers les plus fréquents mais qui reste malheureusement mal connu.

  • Plus de 11 000 nouveaux cas par an
  • Une détection souvent tardive
  • Un cancer de plus en plus fréquent
  • Un cancer malheureusement le plus souvent mortel

Les projections actuelles prédisent que cette tumeur sera d’ici 2030 la seconde cause de mortalité par cancer en Europe (dernière le cancer du poumon) et aux Etats-Unis en l’absence de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Nous faisons le point avec Christelle de la Fouchardière, cancérologue spécialiste des cancers digestifs.

Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est le cancer du pancréas ?

Christelle de la Fouchardière : Les cancers du pancréas sont des tumeurs malignes appelées adénocarcinomes. Ils occupent aujourd’hui le 4ème rang mondial en terme de fréquence des cancers derrière le cancer du poumon, de la prostate (hommes) /sein (femmes) et le cancer colorectal.

En France, son incidence a particulièrement augmenté durant ces dernières années, principalement chez les femmes mais la raison n’est pas clairement identifiée. Ce cancer est principalement favorisé par le tabac et l’alimentation hypercalorique.

Quelles sont les spécificités de ce cancer ?

Longtemps silencieux cliniquement, il est le plus souvent diagnostiqué à un stade avancé.

Le diagnostic précoce reste un challenge car les symptômes sont peu spécifiques (troubles digestifs mineurs, douleurs dorsales ou abdominales, amaigrissement inexpliqué), et c’est leur association qui doit faire poursuivre les investigations. Aucun dépistage n'est aujourd'hui envisageable pour ce cancer.

Son traitement dépend du stade de découverte et repose aujourd’hui sur la chirurgie lorsqu’elle est possible (Seulement 20% des cas de cancer du pancréas sont opérables) la chimiothérapie intraveineuse, la radiothérapie parfois et les soins de support. Des progrès ont été réalisés durant ces dix dernières années et ont principalement concerné la chirurgie et la chimiothérapie intraveineuse.  De nombreux essais cliniques sont en cours dans cette pathologie, permettant aux patients d’accéder à des traitements innovants.

  • Au Centre Léon Bérard, chaque année
    • + de 150 patients

      sont pris en charge pour un cancer du pancréas

    En savoir plus sur le cancer du pancréas
  • cancer-pancreas Le point sur

    Mais au fait, qu’est-ce que le pancréas ?

    Le pancréas fait partie de l’appareil digestif et se situe derrière l’estomac. Il permet à la fois de jouer sur le processus de digestion, mais également de fabriquer des hormones qui seront déversées dans le sang, notamment pour réguler le taux de sucre dans le sang.

Interview : Laurent Bartholin, chercheur sur le cancer du pancréas

Laurent Bartholin est le responsable de l’équipe « TGF et Cancer du Pancréas » au sein du CRCL, sur le site du Centre Léon Bérard.

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"L’agressivité de ces tumeurs est due au fort potentiel invasif des cellules tumorales, et à leur résistance aux traitements conventionnels. Les ADKP ont pour caractéristique de présenter dans leur microenvironnement un stroma fibreux (cellules de soutien entourant les cellules cancéreuses) très abondant, faisant intervenir de nombreux types cellulaires (fibroblastes, cellules immunitaires, nerfs). Les interactions entre cellules tumorales et stroma dans l’ADKP jouent un rôle majeur dans la progression tumorale et la résistance aux traitements.

 

Les travaux développés au sein de notre équipe de recherche sont axés autour des rôles d’une molécule de signalisation sécrétée dans l’organisme, le TGFβ (Tranforming Growth Factor Beta), dans l’ADKP.

Le TGFβ est impliqué dans l’adénocarcinome du pancréas à 3 niveaux :

  • à l’échelle de la cellule, dans la transformation multi-étapes des cellules épithéliales pancréatiques saines en cellules cancéreuses plus agressives;
  • au niveau du microenvironnement tumoral, dans le dialogue entre les cellules tumorales et le stroma ;
  • à l’échelle de l’organisme, en participant à la perte musculaire (phénomène de cachexie) observée chez tous les patients et en contribuant fortement à une perte de réponse de notre système immunitaire (effet immunosuppresseur).

Nos travaux sont déclinés de façon cohérente autour de ces 3 aspects, alliant des projets fondamentaux qui nous conduisent à réaliser des essais précliniques et des essais cliniques.

 

Pour réaliser nos travaux, nous développons une grande variété de modèles (murins, in vitro, ex vivo), et bénéficions de plateformes biotechnologiques performantes. Nos recherches fondamentales s’inscrivent dans un continuum avec la clinique.

A travers l’étude du rôle du TGFβ dans l’adénocarcinome du pancréas, nos travaux participent à développer de nouvelles stratégies diagnostiques de détection précoce, à identifier de nouveaux biomarqueurs pronostiques et prédictifs de la maladie, et à explorer de nouvelles approches thérapeutiques pour cette maladie qui constitue un problème de santé publique et un véritable challenge thérapeutique."