Essai clinique GyNET : les premières patientes incluses dans cet essai pour les cancers de l'endomètre et du col de l'utérus

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L'essai GyNET a pour objectif de permettre à des patientes atteintes de cancers de l'endomètre et du col de l'utérus de disposer de nouvelles options thérapeutiques grâce à une molécule née de la recherche dans nos laboratoires. Il est coordonné par le Pr Ray Coquard, médecin spécialiste des cancers gynécologiques au Centre Léon Bérard.

L'essai clinique GyNET : un essai thérapeutique innovant

L'essai clinique GyNET est le fruit du projet DEPGYN, porté par le Centre Léon Bérard, et lauréat en 2019 aux côtés de 14 autres projets du quatrième appel à projet du programme d'investissement d'avenir, géré par l'Agence nationale de la recherche. A travers l'essai clinique GyNET, le projet est de tester pour la première fois chez les femmes atteintes de cancers de l’endomètre et du col de l’utérus, en stade avancé ou métastatique, une combinaison de molécules dont une molécule issue de la recherche menée au Centre Léon Bérard : la Netrin. Ce programme de recherche a l’ambition de développer de nouvelles approches thérapeutiques ciblant les récepteurs à dépendance dans ces types de cancers.

L'étude clinique GyNET au sein du projet DEPGYN : approfondir nos connaissances sur les récepteurs à dépendance, un concept découvert par des chercheurs du Centre Léon Bérard

Cet essai clinique intervient après la découverte d'un nouveau concept, "les récepteurs à dépendance" et le développement d'un anticorps appelé NP137 (anti-nétrine-1) - mis au point et développé par la société NETRIS Pharma -  premier médicament créé au sein du Centre Léon Bérard. Cette molécule a fait l’objet d’un essai de phase I en 2017 et a démontré son efficacité en thérapie ciblée contre certains cancers (sarcomes, cancers endométriaux et du col utérin).

L’équipe de Patrick Mehlen (directeur de la recherche au Centre Léon Bérard et au Centre de recherche en cancérologie de Lyon) a identifié dans les années 90 une nouvelle classe de récepteurs appelés « récepteurs à dépendance ». Ces récepteurs se situent à la surface des cellules et reçoivent des signaux qu’ils transmettent à ces dernières. Ils sont dits « à dépendance » car les cellules sont dépendantes de ces signaux (appelés également « ligands ») pour survivre. En absence de ligand, ces récepteurs provoquent la mort cellulaire.

Patrick Mehlen, directeur de la recherche au Centre Léon Bérard et au CRCL

melhen

En effet, dans un contexte sain, les cellules meurent faute de signal, c’est un processus normal et naturel. En revanche, les cellules tumorales refusent de mourir et pour survivre, parviennent à pervertir le système naturellement en place en produisant leur propre ligand, la netrin-1.

En présence de la netrin-1, les récepteurs à dépendance sont activés anormalement, créant ainsi les facteurs nécessaires à la tumeur pour survivre mais aussi proliférer et donner des métastases. On assiste alors au développement d’un cancer.

La netrin-1 est retrouvée dans de nombreux types de cancers.

Dans la mesure où ce mécanisme de prolifération des tumeurs est rendu possible par la production de la nétrin-1, l'idée est donc de la stopper. L'anticorps mis au point par les équipes de recherche a donc pour mission de bloquer l’interaction entre la nétrin-1 et son récepteur à dépendance.

Plusieurs expérimentations pré-cliniques ont permis de montrer une restauration de la mort cellulaire et une inhibition de la croissance tumorale lorsque l’interaction ligand netrin-1/récepteur à dépendance est bloquée. Interférer dans cette liaison représente donc une voie thérapeutique innovante en cancérologie, qui est testée à travers l'essai clinique GyNET sur les cancers de l'endomètre et du col de l'utérus.

Les premières patientes incluses dans l'essai

L’essai clinique GyNET a été mis en place par l’équipe de la Direction de la Recherche Clinique et de l'Innovation du Centre et est coordonné par le Professeur Isabelle Ray-Coquard, médecin oncologue au Centre Léon Bérard et spécialiste des cancers gynécologiques.

Plus de 15 centres hospitaliers, en majorité des centres de lutte contre le cancer, participent à cet essai, ouvert aux inclusions depuis le 8 décembre 2020. La première patiente a été incluse quelques jours plus tard, le 12 décembre.

Cet essai et ce projet, porteurs de grands espoirs, ont pour objectif de permettre à des patientes atteintes de cancers agressifs et réfractaires de disposer de nouvelles options thérapeutiques.

Un essai coordonné par le Pr Isabelle Ray-Coquard, médecin oncologue au Centre Léon Bérard, spécialiste des cancers gynécologiques

Cancer du col de l'utérus et cancer de l'endomètre

Le cancer du col de l'utérus est le 3ème cancer le plus fréquent chez la femme et fait de nombreuses victimes chaque année (avec une mortalité de 50 %). Le cancer de l'endomètre, plus rare, présente néanmoins des risques élevés de rechute.

Pour en savoir plus sur le projet DEPGYN et l'essai GyNET :

Rendez-vous sur le site : https://rhu-depgyn.com/

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