Coordonnée au sein du Centre de recherche en cancérologie de Lyon, basé sur le site du Centre Léon Bérard, par le Dr Véronique Marguer-Satta, ce projet étudiera notamment la manière dont certaines expositions environnementales peuvent interagir avec des prédispositions génétiques et contribuer au développement d'un leucémie pédiatrique.
Financé à hauteur de 2 millions d'euros par l'Institut national du cancer (INCa), SEED-AML réunit plusieurs équipes de recherche françaises aux expertises complémentaires en cancérologie, épidémiologie, toxicologie environnementale et biologie des homéopathiques.
Comprendre les origines de la leucémie aiguë myéloïde chez l'enfant
Malgré les importants progrès réalisés dans la prise en charge des cancers pédiatriques, leurs causes et les mécanismes biologiques conduisant à leur apparition restent encore en partie méconnus.
Le programme SEED-AML s'intéresse plus particulièrement à la leucémie aiguë myéloïde pédiatrique (LAMp), une forme rare de leucémie. Les chercheurs souhaitent étudier les premières étapes pouvant conduire au développement de cette maladie et mieux comprendre les facteurs susceptibles d'influencer son apparition.
Les connaissances actuelles suggèrent en effet que le risque pourrait résulter d'une combinaison complexe entre des facteurs environnementaux et une vulnérabilité génétique individuelle.
Parmi les expositions étudiées figurent notamment certains polluants associés au trafic routier, dont des dérivés de benzène, ainsi que des pesticides pouvant être présents dans les environnements domestiques ou agricoles.
Chez certains enfants, de rares prédispositions génétiques peuvent par ailleurs augmenter la susceptibilité à développer certains cancers, notamment des leucémies. L'un des enjeux de SEED-AML sera donc de comprendre comment ces vulnérabilités génétiques peuvent être influencées ou amplifiées par des facteurs environnementaux.
Des données épidémiologiques, des modèles expérimentaux et de l'intelligence artificielle
Pour étudier ces interactions complexes, les équipes du consortium vont croiser plusieurs approches complémentaires.
Le programme s'appuiera tout d'abord sur l'analyse de grandes cohortes épidémiologiques françaises et internationales afin d'étudier les liens entres certaines expositions environnementales et le développement de leucémies pédiatriques.
Des modèles expérimentaux permettront également de reproduire les premières étapes d'exposition à différents polluants dans plusieurs contextes génétiques et d'observer leurs éventuelles conséquences biologiques.
Les chercheurs utiliseront également des approches dites multi-omiques*, qui permettent d'analyser simultanément différents caractéristiques biologiques. L'objectif sera notamment d'identifier des signatures associées aux expositions environnementales et à leurs interactions potentielles avec certaines vulnérabilités génétiques.
* Les données multi‑omiques regroupent et analysent conjointement plusieurs types de données biologiques (génomique, transcriptomique, protéomique, métabolomique, etc.) afin d’obtenir une compréhension plus complète des mécanismes d’une maladie et d’identifier de nouvelles cibles diagnostiques ou thérapeutiques.
Enfin, des outils d'intelligence artificielle permettront d'intégrer l'ensemble de ces données complexes et de développer des modèles visant à mieux caractériser le risque individuel.
Un consortium multidisciplinaire coordonné à Lyon
SEED-AML est coordonné par le Dr Véronique Maguer-Satta, directrice de recherche CNRS et directrice adjointe du Centre de recherche en cancérologie de Lyon.
Le programme rassemble des chercheurs et chercheuses de plusieurs institutions reconnues pour leur expertise dans l'étude des cancers et de leurs factures de risque :
Les professionnels du Département prévention cancer environnement du Centre Léon Bérard sont également mobilisés.
Cette approche multidisciplinaire doit permettre de mieux comprendre les interactions entre génétique, environnement et développement des leucémies pédiatriques.
Identifier des marqueurs précoces pour mieux prévenir les cancers pédiatriques
À terme, SEED-AML ambitionne notamment d'identifier des biomarqueurs précoces d'exposition et de risque. Ces marqueurs pourraient contribuer à mieux repérer les enfants présentant une susceptibilité particulière et favoriser le développement de stratégies de prévention ou de détection précoce plus personnalisées.
Les connaissances acquises dans le cadre du programme pourraient également dépasser le seul champ de la leucémie aiguë myéloïde et servir de modèle pour mieux comprendre les mécanismes à l'origine d'autres cancers pédiatriques.
Dr Véronique Maguer-Satta, directrice adjointe du Centre de recherche en cancérologie de Lyon et coordinatrice du programme SEED-AML.
"Malgré les progrès considérables réalisés dans le traitement des cancers pédiatriques, leurs causes demeurent encore largement inconnues. Grâce au soutien de l'INCa, nous allons réunir des expertises complémentaires pour comprendre comment certaines expositions environnementales peuvent interagir avec des prédispositions génétiques et favoriser l'apparition d'une leucémie chez l'enfant. À terme, notre ambition est d'ouvrir la voie à des stratégies de prévention et de détection précoce pour les enfants les plus à risque."





