Cancer du sein métastatique : une nouvelle étude ABLE02 sur l'activité physique

ABLE02

L’étude ABLE02 vise à montrer les effets de l’activité physique auprès de femmes avec un cancer du sein métastatique. Cette nouvelle étude démarre et s’ouvre aux inclusions de patientes dès aujourd’hui dans un premier temps au Centre Léon Bérard puis progressivement dans d’autres établissements français. Les patientes pourront suivre un programme d’activité physique adaptée à distance à l’aide d’une montre connectée et d’une application. Lidia Delrieu, chercheuse, nous explique comment va fonctionner cette étude et les espoirs qui pourraient en découler

Pouvez vous nous expliquer Lidia d’où vient l’idée de cette étude ABLE02 ?

Durant ma thèse j’ai travaillé sur une étude pilote ABLE dont l’objectif était de tester la faisabilité d’un programme en activité physique avec des montres connectées auprès de 49 femmes atteintes d’un cancer du sein métastatique. Cette étude a permis de montrer de potentielles associations entre l’activité physique et les facteurs fonctionnels, psychologiques et cliniques des patientes. Cette étude ABLE préliminaire a révélé plusieurs résultats intéressants.

Tout d’abord que l’étude était faisable (94% des patientes éligibles ont accepté de participer à l’étude et 96% ont adhéré au programme en portant la montre connectée durant les 6 mois d’intervention) mais également que les patientes avaient de meilleures performances physiques à la fin de l’intervention et qu’un maintien de leur qualité de vie et de leur fatigue était possible malgré l’avancée de la maladie.

Nous avons également mis en évidence un probable effet protecteur de la masse musculaire sur les toxicités des traitements ce qui nous a donné envie de poursuivre nos recherches !

 

 

C’est ce que vous allez faire avec cette nouvelle étude clinique ABLE02 ?

Cette étude pilote a permis de mettre en évidence des résultats préliminaires qu’il faut à présent confirmer grâce à une étude à plus grande échelle avec un groupe "intervention" en activité physique et un groupe "témoin" pour être sûr que les bénéfices viennent bien de l’activité physique.

Pour cela nous avons obtenu un financement de la fondation ARC et de Janssen Horizon afin de lancer l’étude ABLE02 ainsi qu’un soutien du groupe GINECO.

C’est une étude nationale, dans plusieurs établissements français, avec un groupe "intervention" et un groupe "témoin", visant à évaluer l’efficacité d’un programme d’activité physique via un dispositif connecté sur la qualité de vie et la fatigue auprès de 244 patientes atteintes d’un cancer du sein métastatique traitées par une première ligne de chimiothérapie.

Cette étude est promue par le Centre Léon Bérard avec le Docteur Olivier Trédan comme investigateur principal mais c’est également le fruit d’un travail pluridisciplinaire avec plusieurs équipes de recherche à Léon Bérard mais également des équipes universitaires et hospitalières. Nous avons aussi plusieurs collaborations industrielles avec Nouveal qui développe l’application mobile dédiée à l’étude et Withings à qui nous avons fait appel pour les montres connectées.

Etude Able02 :

Une nouvelle étude, visant à mesurer l’impact de l’activité physique auprès de patientes atteintes d’un cancer du sein métastatique, ouvre aujourd’hui au Centre Léon Bérard

Comment se déroule alors l’étude pour les patientes qui y participent ?

Les patientes qui acceptent de participer à l’étude et qui sont éligibles seront tirées au sort pour savoir si elles participeront à l’intervention en activité physique ou si elles seront dans le groupe témoin.

Dans tous les cas les participantes recevront les recommandations internationales de l’OMS en termes d’activité physique et pourront répondre aux questionnaires de l’étude directement dans l’application mobile ou sur le site internet sécurisé d’ABLE02. Elles auront aussi à leur disposition une messagerie pour échanger avec les équipes de recherches des différents centres.

Tout au long de l’étude, différents tests physiques et questionnaires en ligne seront à réaliser. Les patientes du groupe « intervention » devront porter une montre connectée Withings durant toute la durée de l’étude (6 mois) et s’engageront à faire au moins 3 séances de marche par semaine d’au moins 10 minutes qui seront automatiquement détectées par la montre.

Elles auront un objectif de pas personnalisé et adapté à leurs capacités et des suivis réguliers avec un enseignant en activité physique adaptée (APA). En parallèle, elles pourront également répondre à des quiz hebdomadaires sur l’activité physique et la nutrition pour lutter contre leurs idées reçues.

 

 

Quels sont les espoirs que vous avez au travers de cette étude inédite ?

Il existe peu de données au niveau mondial sur l'activité physique en lien avec le cancer du sein métastatique et de nombreuses recherches sont encore nécessaires. Ce programme est un programme souple et personnalisé et on espère démontrer un réel bénéfice de l’activité physique auprès des femmes avec un cancer du sein métastatique.

Nous espérons encourager les patientes à pratiquer une activité physique dès le diagnostic pour améliorer leur qualité de vie, leur condition physique ainsi que différentes autres dimensions.

De manière plus générale, ce type de dispositif permettrait aux patients qui ne sont pas proches d’un lieu de pratique en activité physique de pratiquer tout de même en autonomie et avec l’accompagnement de professionnels.

 

Merci Lidia !

 

Un projet aux partenaires multiples

CENTRE LEON BERARD  :

Département Prévention Cancer Environnement - Lidia DELRIEU - Olivia PEROL - Aurélia MAIRE - Elodie BELLADAME - Amélie DUPRE - Magali DUBOIS - Béatrice FERVERS Département d’oncologie médicale - Olivier TREDAN Département de radiologie - Frank PILLEUL - Amine BOUHAMAMA Direction de la recherche clinique et de l’innovation - David PEROL - Amélie ANOTA - Sylvie CHABAUD - Olivia FEBVEY-COMBES - Emilie REMIR - Camille SCHIFFLER CRCL - Christophe CAUX Informatique - Thierry DURAND - Benoît MAYNARD - François BECKER - Clément REGNIER Communication - Justine DOZ

PARTENAIRES :

Laboratoire Interuniversitaire de Biologie de la Motricité - Vincent PIALOUX - Damien FREYSSENET Laboratoire sur les Vulnérabilité et l’Innovation dans le Sport (L-VIS) - Brice CANADA Nouveal - Agnès Briard - Emilie Perier - Nicole Baillif - Fabrice GAGNON - Fabien MENTION - Jean-Christophe GERARD - Roxane DESCHAMPS Withings - Vincent Vercamer - Alexandra YEMBELE Groupe GINECO

FINANCEURS : 

Janssen Horizon - Fondation ARC

Qui est Lidia Delrieu ?

Lidia Delrieu est chercheuse post doctorante au département Prévention Cancer Environnement du Centre Léon Bérard. Elle travaille principalement sur des thématiques liées à l’activité physique, au cancer et à la santé connectée.