Le Centre Léon Bérard en première ligne dans les Programmes Hospitaliers de Recherche

recherche clinique

Avec deux essais retenus dans le cadre du Programme hospitalier de recherche infirmière et paramédicale (PHRIP), cinq dans le cadre du Programme hospitalier de recherche clinique en cancérologie (PHRC-K) et un pour le programme interrégional (PHRC-I), le Centre Léon Bérard, centre de lutte contre le cancer de Lyon et Rhône-Alpes, montre le dynamisme de ses équipes pour l’innovation.

Le ministère des Solidarité et de la Santé a rendu public en fin d’année 2019 les résultats des programmes hospitaliers de recherche en cancérologie. Huit essais promus par le Centre Léon Bérard ont été retenus et seront financés cette année. Habitué des PHRC-K et PHRC-I, c’est la première fois que le Centre Léon Bérard est retenu dans le cadre du Programme dédié aux recherches paramédicales (PHRIP) avec deux projets, l’un en radiothérapie, l’autre en éducation thérapeutique du patient.


Ce succès enregistré dans les trois programmes hospitaliers montre aussi le dynamisme des équipes médicales et soignantes du Centre Léon Bérard et des Centres de lutte contre le cancer qui se mobilisent au quotidien pour l’accès de leurs patients à l’innovation. En effet, pour ce Programme hospitalier de recherche clinique en cancérologie 2019, sur les 36 projets retenus, 20 sont portés par les CLCC et Unicancer.

« Cette belle réussite aux appels d’offre souligne l’engagement et l’expertise des médecins, chercheurs et des équipes de la Direction de la recherche clinique et de l’innovation du Centre. Elle s’inscrit dans notre politique de recherche dont l’un des axes majeurs est de développer des projets de soins innovants pour les patients. En 2019, le Centre est ainsi promoteur de 38 essais cliniques au total », note le Dr David Pérol, à la tête de la Direction de la recherche clinique et de l’innovation du Centre Léon Bérard.

Pour la première fois des projets portés par des paramédicaux sont retenus

L’essai ST- IGRT ORL, porté par Sophie Boisbouvier, manipulatrice en électroradiologie au sein du Département de radiothérapie, porte sur l’évaluation du dispositif ExacTrac®. Ce dispositif est destiné à améliorer la qualité du repositionnement des patients bénéficiant d’une radiothérapie externe pour le traitement des cancers ORL.


Le second essai s’intéresse à l’éducation thérapeutique, une pratique qui permet aux patients de devenir acteur de leur maladie avec une meilleure gestion de leur traitement et de ses effets secondaires. ETADAPT est proposé par Pascale Roux, diététicienne. Il évaluera l’effet d’une éducation thérapeutique en activité physique adaptée et en diététique sur la reproductibilité des séances de radiothérapie pour les cancers de la prostate.


Par ailleurs, l’essai infirmier ELEGANT n’a pas été présenté au PHRIP mais à l'appel à projet du Groupement interrégional pour la recherche clinique et l'innovation (GIRCI AURA) qu’il a obtenu. Ces succès montrent le dynamisme des équipes paramédicales et infirmières du Centre Léon Bérard, ainsi que leur forte implication dans des actions innovantes pour le bénéfice des patients.

Focus sur ELEGANT : porter des gants contre les effets indésirables des chimiothérapies

Initié par Aurélia Joureau-Chabert et promu par le CLB, l’essai ELEGANT concerne les patients pris en charge pour un cancer digestif ou un cancer du sein traités par oxaliplatine ou paclitaxel. Il s’agit d’une étude prospective évaluant l’efficacité d’une compression par des gants chirurgicaux sur les neuropathies périphériques chimio-induites, et la satisfaction des patients.

La neuropathie périphérique est un effet indésirable de nombreux agents de chimiothérapies couramment utilisées, incluant les sels de platine (oxaliplatine, cisplatine, carboplatine) et les taxanes (paclitaxel, docétaxel). Les symptômes de ces neuropathies périphériques chimio-induites sont principalement sensitifs : douleurs, fourmillements (paresthésies) et engourdissements, situés au niveau des mains et des pieds. La prévention de cet effet indésirable par port de gants chirurgicaux serait une méthode simple, peu coûteuse et facile à mettre en place par les infirmières. ELEGANT permettra de montrer le bienfondé de ce dispositif.

Six essais cliniques retenus

Six essais thérapeutiques coordonnés par des médecins du CLB et promus par le Centre ont aussi été retenus dans le PHRC-K 2019 et le PHRC-Interrégional : trois portent sur les GIST et sarcomes, un sur les tumeurs digestives et le dernier est un programme clinique international concernant l’épendymome, une tumeur de l’enfant et du jeune adulte touchant le système nerveux central.

Les trois essais pour les patients atteints de sarcomes et GIST sont REGOMAIN, RAR-Immune 01 et GIST-TEN_01.
REGOMAIN est une étude comparative de phase II randomisée, en double aveugle, multicentrique de l’efficacité du regorafenib versus placebo, en association avec les meilleurs soins de support, en traitement de maintenance chez des patients porteurs de sarcomes de haut grade présentant un résidu tumoral après les traitements standards. L’investigateur principal est le Dr Mehdi Brahmi.


Portée par le Dr Armelle Dufresne, l’étude RAR-Immune 01 est un essai randomisé, comparatif prospectif et multicentrique. Elle mesurera l’efficacité d’une combinaison de deux molécules nivolumab et ipilimumab, versus pazopanib seul chez des patients porteurs de sarcomes rares avancés ou métastatiques.


Enfin, l’essai de phase II GIST-TEN_01 évaluera l’intérêt d’un traitement de maintenance par imatinib versus son interruption après au moins 10 ans de traitement par imatinib chez les patients porteurs d’un GIST localement avancé/métastatique. Cette hypothèse sera vérifiée par le Pr Jean-Yves Blay, investigateur principal, spécialiste des sarcomes mondialement reconnu et Directeur Général du Centre Léon Bérard.

Le Dr Christelle de la Fouchardière, spécialiste des tumeurs digestives porte Imhotep 01, une étude de phase II prospective multicentrique de 4 cohortes évaluant l’efficacité d’une immunothérapie (pembrolizumab) chez des patients porteurs d’une tumeur avec instabilité microsatellitaire (MSI/dMMR) ou d’un cancer gastrique EBV+ résécable et non prétraité.


Le dernier projet retenu dans ce PHRC est international et concerne une tumeur pédiatrique. SIOP Ependymoma II, pour le diagnostic et le traitement des enfants, adolescents et jeunes adultes porteurs d’un épendymome, est porté par le Dr Pierre Leblond, pédiatre oncologue. Ce Programme clinique international vise à harmoniser le diagnostic initial de la maladie et sa prise en charge thérapeutique afin de proposer, à terme, de nouvelles recommandations pour le traitement de ces patients, au regard des dernières avancées mondiales dans le domaine.

Enfin, le Centre Léon Bérard obtient aussi un programme hospitalier de recherche clinique interrégional (PHRC-I) utilisant les nanoparticules en radiothérapie. NANO RT, porté par le Dr Coralie Montcharmont, investigateur principal est un essai multicentrique randomisé de phase II évaluant l'association de nanoparticules à base de gadolinium (AGuIX®) à la radiothérapie pour la prise en charge thérapeutique des patients présentant des lésions tumorales musculosquelettiques inopérables symptomatiques.


Enfin, dans le cadre de l’appel à projet 2019 du Programme de recherche translationnelle (PRT-K), le Dr Anne-Laure Giraudet, du département de médecine nucléaire, a également été retenue pour un projet « Développement d’une approche théranostique ciblant un ligand des récepteurs à dépendance surexprimé dans les tumeurs solides.»