Séniors : Il n’y a pas d’âge pour être vigilant face au cancer

Séniors

L’Unité de Coordination en Onco-Gériatrie Inter-Régionale Auvergne-Rhône-Alpes Ouest – Guyane (UCOGIR Au-RA Ouest – Guyane), s’associe à la Ville de Lyon, à l’occasion de la semaine bleue du 8 au 14 octobre 2018. À cette occasion, nous avons rencontré le Dr Catherine Terret, responsable du Programme d’Onco-Gériatrie au Centre Léon Bérard.

Dans le cadre de la campagne d’information régionale « Il n’y a pas d’âge pour se faire soigner du cancer », l’intérêt du diagnostic précoce du cancer chez les personnes âgées sera évoqué à travers deux conférences, l’une à destination du grand public, l’autre des soignants..

Conférence grand public « Séniors : être vigilant face au cancer » : mardi 9 octobre 2018 de 14h30 à 16h00 à la Mairie du 7e arrondissement de Lyon, Salle des mariages, 16 place Jean Macé, 69007 Lyon - Entrée libre.

Pour les professionnels de santé : « Sensibilisation à la détection du cancer chez les personnes âgées » : vendredi 12 octobre 2018 de 14h00 à 15h00 à l’EHPAD Marius Bertrand, 14 rue Hermann Sabrand, 69004 Lyon - Entrée libre.

Parole d'expert

Parmi les intervenants de la conférence grand public, le Dr Catherine Terret, oncologue médicale, responsable du Programme d’Onco-Gériatrie au Centre Léon Bérard, a accepté de répondre à nos questions.

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En quoi les cancers qui touchent les personnes âgées (plus de 70 ans) sont-ils spécifiques ?
Les cancers des personnes âgées de plus de 70 ans n’ont pas vraiment de spécificités. D’une part, le cancer est une maladie du sujet âgé et, d’autre part, les cancers les plus courants sont également diagnostiqués chez des personnes de plus de 65 ans. 
C’est l’organisation de la prise en charge qui va être différente du fait de la complexité de leur situation médicale, mais aussi sociale et cognitive.
Enfin, en tant qu’oncologue formée à la gériatrie, je souhaite souligner que bien que le dépistage organisé s’interrompe à 75 ans, le risque de développer un cancer du sein ou un cancer colorectal reste très présent au-delà de cet âge. Aussi, il est important de poursuivre cette démarche à titre individuel. Il faut rester vigilant et ne pas hésiter à en parler à son médecin traitant et poursuivre la surveillance.

Quels sont les signaux d’alerte à repérer pour pouvoir agir le plus tôt possible face au cancer et en discuter avec son médecin traitant ?
Il est important de repérer les signes connus pour les cancers les plus fréquents des personnes âgées, c’est-à-dire les cancers de la peau, les cancers du sein, les cancers colorectaux et les cancers de la prostate.
Surveiller les taches qui changeraient d’aspect pour prévenir les tumeurs cutanées.
Repérer des anomalies dans le sein : grosseur, écoulement, changement d’aspect…
Surveiller les modifications du transit, les douleurs abdominales persistantes ou encore une anémie inexpliquée pour les cancers colorectaux. 
Enfin, pour la prostate, des difficultés urinaires doivent vous amener à consulter.

Si l’on est âgé, la prise en charge et les traitements du cancer sont-ils différents ?
Les modalités de traitements restent les mêmes que pour les patients plus jeunes, en revanche des traitements de support seront proposés pour que les personnes plus âgées et plus fragiles tolèrent mieux les traitements anticancéreux. La différence se fera aussi dans la surveillance des pathologies associées, plus fréquentes chez les plus âgés.

Les plus de 70 ans ont-ils accès facilement aux innovations thérapeutiques ?
En théorie, oui puisqu’il n’y a pas de limite d’âge dans les essais thérapeutiques. Dans la réalité, on constate une difficulté des cancérologues à inclure des personnes âgées dans les essais du fait des pathologies associées (diabète, maladies cardiovasculaires, neurologiques…) qui sont souvent limitantes.
En revanche, quand l’innovation est validée, il est plus facile de la prescrire : par exemple, l’immunothérapie qui est mieux tolérée qu’un anticancéreux classique.