Essai ONCOVID-19, le temps des analyses

une IDE de l'hopital de jour

1250 patients ont été inclus dans une étude observationnelle multicentrique promue par le Centre Léon Bérard pour évaluer la mortalité des personnes atteintes de cancer et touchées par la maladie COVID-19. Les premiers résultats sont attendus au courant de l’été.

L’analyse prospective de la morbi-mortalité des patients atteints de cancers en phase active de traitement porteur d’une infection par le SARS-CoV-2 soupçonnée ou diagnostiquée, promue par les équipes du Centre Léon Bérard, a été ouverte aux inclusions début avril 2020.

Tous les Centres de lutte contre le cancer de France (réseau Unicancer), ainsi que les Hospices Civils de Lyon et les Centres hospitaliers d’Annecy, Avignon, Chambéry et Valence ont participé à cette étude observationnelle et inclus des patients. Les patients ont tous des symptômes de la maladie COVID-19, mais ce ne sont pas tous positifs aux examens diagnostics (test RT-PCR ou imagerie thoracique).

Les objectifs de l’étude, dont l’investigateur principal est le Dr Souad Assaad, médecin spécialiste au sein de l’équipe d’hématologie du Centre Léon Bérard, sont de :

  • Décrire la mortalité chez les patients COVID + et COVID –
  • Evaluer le surrisque de mortalité chez les patients COVID +
  • Evaluer les facteurs prédictifs de décès dans la population de patients positifs (hommes ou femmes, âges, pathologies supplémentaires).

Depuis décembre 2019, le nouveau coronavirus (SARS-CoV-2), provoquant une maladie émergente infectieuse appelée COVID-19, s'est propagé rapidement dans le monde entier. Les décès touchent principalement des patients (à 80%) ayant des comorbidités associées : maladies cardiovasculaires, diabète ou cancer. Les différents rapports chiffrés ont montré une surreprésentation des patients atteints de cancer actif ou ayant un cancer en rémission chez des patients atteints de COVID-19. Ainsi alors que les efforts étaient déployés pour limiter la propagation de l’épidémie à travers le monde, de nombreux cas de la maladie ont été constatés dans notre pays notamment et chez les patients atteints de cancer.

En sachant que le nombre de patients en cours de traitement actif (cytotoxiques, immunothérapie, thérapie ciblée) en France est estimé à près de 250 000 par an, soit 0,37% de la population française. [sources Institut national du cancer, site e-cancer.fr].

« Nous avons émis l'hypothèse que les patients sous traitement anticancéreux actif sont plus à risque de développer de graves complications. Il est probable que ce risque soit différent selon le type de traitement et que l’impact de la maladie soit différent d’une personne à l’autre. Nous avons donc voulu vérifier nos hypothèses » explique le Pr Jean-Yves Blay, directeur général du Centre Léon Bérard et président du Réseau Unicancer à l’origine de cette étude.

 

coronavirus

 

Le CLB a donc proposé une étude collaborative nationale pour décrire rétrospectivement et prospectivement les effets de la maladie sur les patients recevant leur traitement (anticancéreux et aussi sous corticothérapie) et ayant une infection (confirmée ou non). Cette étude observationnelle doit permettre de décrire les caractéristiques des patients COVID-19 et évaluer le surrisque de mortalité entre patients positifs et patients non confirmés. Début juin, plus de mille patients (positifs et négatifs) des hôpitaux participant (Centres de lutte contre le cancer Réseau Unicancer, hôpitaux universitaires et régionaux français) ont été inclus dans ce travail multicentrique rétrospectivement à partir du 1er janvier 2020 puis prospectivement dès que l'étude a été activée début avril.

Résultats attendus mi-juillet.

« Nous avons pu monter ce projet en quelques jours grâce à l’expertise et aux compétences de notre équipe qui compte des équipes projet rompues à cet exercice », explique le Dr David Pérol, directeur de la recherche clinique et de l’innovation (DRCI). Chaque année, le Centre Léon Bérard est en effet promoteur d’une quarantaine d’essais cliniques.

En 2019, plus de 2000 patients de notre établissement ont bénéficié d’un essai ouvert aux inclusions.

deux personnes de la DRCI

La direction de la recherche clinique et de l'innovation

Des compétences et une expertise au service des patients