Dr FUNK DEBLEDS Paméla a rédigé ce contenu
Gastrologie
Nutrition

Nous parlons de dénutrition en cancérologie quand il existe une perte de poids involontaire de 10% en 6 mois ou par rapport au poids habituel ou 5% par rapport au poids en un mois ou bien s’il existe un IMC < 18.5Kg/m² (21Kg/m² s’il est âgé) ou s’il existe une perte de la fonction musculaire. Ce n’est pas à confondre avec les personnes qui sont maigres ou qui ont une perte volontaire du poids.

  • La dénutrition touche chaque année en France
    • 2 millions

      de personnes

    • 40%

      des personnes souffrant du cancer

En termes de répartition, nous retrouvons les cancers des voies digestives (estomac, œsophage) /ORL, le patient avec un cancer du pancréas ou du foie. Suivis de près pas les patients avec un cancer du poumon ou du sang.

La dénutrition peut être liée :

  • A la maladie elle-même (augmentation des besoins de l’organisme, localisation de la tumeur pouvant gêner la prise alimentaire, baisse de l’appétit).
  • Aux traitements car la chimiothérapie et/ou la radiothérapie qui peuvent provoquer une perte de l’appétit et un dégoût alimentaire, une modification du goût et de l’odorat, des troubles digestifs, des difficultés à avaler ou à mastiquer…
  • D’autres facteurs interviennent comme l’anxiété liée au diagnostic, l’isolement, des problèmes financiers, la perte d’autonomie, l’asthénie ou des douleurs non contrôlées.

La dénutrition, surtout quand elle s’installe dans un court laps de temps et dans les maladies inflammatoires comme le cancer, concerne souvent le muscle. La perte de la masse et/ou fonction musculaire est responsable d’une altération de la qualité de vie et d’une perte d’autonomie. Celle-ci entraine aussi plus de toxicités liées aux chimiothérapies, une susceptibilité plus grande aux infections, au retard de cicatrisation en chirurgie et à des hospitalisations plus longues. La dénutrition peut être responsable de la diminution de la survie des patients. Les études montrent que dès la perte de 5% du poids, il y a une incidence sur le déroulement des traitements et le risque de complications. Et en réalité ce seuil est fréquemment atteint : Pour une personne de 60kg cela représente seulement 3 kg, or dans certains cancers comme les cancers digestifs, il n’est pas rare que les patients aient déjà perdu ce poids au diagnostic.

Lutter contre la dénutrition chez les patients atteints de cancer

  • Se peser de façon hebdomadaire, et alerter son oncologue en cas de perte de poids, même en cas de surpoids ou obésité.

  • Les traitements prescrits par le médecin pour les effets secondaires doivent être pris en systématique (anti-nauséeux, anti diarrhéiques ou laxatifs, bains de bouche…

  • Eviter les régimes restrictifs.

  • En cas de perte de poids ou de diminution des prises alimentaire, il faut privilégier une alimentation fractionnée (ajout de collations à 10h, 15h ou même 21h).

  • Choisir des aliments caloriques, avec par exemple du lait entier, des produits laitiers au lait entier, des crèmes desserts…

  • L’enrichissement des repas permet aussi un bon ajout de calorie. Il s’agit d’augmenter le nombre de calories du plat sans en augmenter le volume. On peut par exemple ajouter des féculents avec les légumes, faire une sauce béchamel ou préparer les légumes en gratin. Un simple filet d’huile d’olive dans les légumes est un apport supplémentaire non négligeable s’il est répété au quotidien.

  • Maintenir une activité physique adaptée tout au long du traitement afin de maintenir la masse musculaire.

Lutter contre l’écœurement

L’écœurement et le dégoût alimentaire sont très fréquents pendant les traitements contre le cancer. Tout d’abord, bien vérifier que les traitements anti-nauséeux sont pris régulièrement, si besoin, refaire le point avec votre oncologue. Essayez de limiter les odeurs de cuisson. Si besoin, privilégier des repas froids qui auront moins d’odeurs. N’hésitez pas à essayer de nouvelles recettes et à proposer des plats qui changent des habitudes car les traitements modifient souvent les goûts. Privilégiez une alimentation enrichie en calories (féculents à chaque repas, ajout de matières grasses dans les plats, produit laitier au lait entier …) et fractionnée (ajout de collation en dehors des repas pour compenser la diminution des calories au moment du repas). En cas de perte de poids ou de poursuite des difficultés, une complémentation nutritionnelle orale pourra être prescrite par votre oncologue. Il s’agit d’aliments prêts à l’emploi (sous forme de boissons principalement) très concentrés en calories et en protéines, qui permettent de compléter les repas. Ces produits s’achètent en pharmacie et sont délivrés sur prescription médicale.

L’alimentation artificielle

Une alimentation artificielle est mise en place par un médecin hospitalier, lors d’une hospitalisation, devant une dénutrition installée ou si les apports oraux sont durablement diminués (chirurgie, radiothérapie). La nutrition entérale est une technique qui utilise le tube digestif : cela nécessite la mise en place d’une sonde nasale qui va dans l’estomac ou début de l’intestin grêle. Cette technique est plus physiologique et comporte moins de risques infectieux ou métaboliques qu’une nutrition par voie veineuse. Elle permet aux patients qui le souhaitent plus d’autonomie car il est facile d’éduquer pour les branchements et la gestion quotidienne. Si la nutrition est envisagée pour plusieurs semaines, il est possible de poser une sonde qui passe directement par l’abdomen (gastrostomie, jéjunostomie). Cela permet qu’il n’y ait pas de gêne au niveau de la gorge, mais nécessite souvent une anesthésie. La technique de nutrition parentérale c’est-à-dire par voie veineuse, nécessite un cathéter central (PAC ou Pic Line). Elle est plus compliquée à suivre sur le plan métabolique et comporte des risques infectieux notamment ; elle est réservée aux patients dont le tube digestif ne fonctionne pas correctement.

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