La reconstruction mammaire par lambeau dorsal

Dr PEREZ Simon a rédigé ce contenu
Chirurgie reconstructrice

La technique de reconstruction mammaire par lambeau dorsal est très fiable et réalisable chez la grande majorité des patientes nécessitant une reconstruction mammaire, notamment les patientes irradiées ou souhaitant éviter la mise en place d’implants mammaires. Les contre-indications sont très rares.

Les avantages de la reconstruction mammaire par lambeau grand dorsal et lipomodelage

  • Technique très fiable
  • Cicatrice courte et discrète
  • Améliore la qualité de la peau du site de mastectomie
  • Adaptée à quasiment tous le morphotypes
  • Bénéfice secondaire prélèvement graisseux des zones choisies par la patiente

Le protocole de reconstruction mammaire par lambeau grand dorsal et lipomodelage nécessite généralement 2 ou 3 interventions chirurgicales échelonnées sur plusieurs mois.

La première intervention chirurgicale a pour objectif de prélever le muscle grand dorsal pour créer la base du sein à reconstruire en apportant un début de volume mammaire et en restaurant le sillon sous mammaire. Elle est réalisée via une incision horizontale sur la paroi latérale du thorax, au niveau du soutien-gorge, d’environ 10cm. Cette incision permet dans la plupart des cas de réaliser à la fois le prélèvement du muscle grand dorsal et de décoller la peau du site de mastectomie (ou de réaliser la mastectomie dans les cas de reconstruction immédiate) ce qui évite de réouvrir la même cicatrice plusieurs fois. Cette intervention est réalisée sous anesthésie générale avec une anesthésie locorégionale complémentaire, les patientes sont hospitalisées entre 2 et 4 jours et un arrêt de travail initial de 3 à 4 semaines est prescrit. La patiente bénéficie de l’apprentissage des gestes d’auto-rééducation lors de l’hospitalisation et pourra débuter celle-ci dès son retour domicile. Le résultat de cette intervention est transitoire et nécessite la plupart du temps des chirurgies complémentaires pour obtenir un volume et une forme adaptée à la morphologie de la patiente.

Les interventions chirurgicales complémentaires sont pratiquées avec un délai de 6 à 12 semaines. Elles consistent en un transfert de tissu graisseux dans le sein reconstruit afin d’en augmenter progressivement le volume et d’en harmoniser la forme. Le tissu graisseux est prélevé sur les différentes zones du corps qui en contiennent selon les besoins pour la reconstruction et les souhaits de la patiente. Par ailleurs le sein controlatéral peut, si cela est nécessaire, être symétrisé lors de l’une des interventions complémentaires afin d’obtenir une poitrine harmonieuse. La reconstruction de la plaque aréolo-mamelonnaire sera réalisée en fin de protocole selon l’avancement de celui-ci et les souhaits de la patiente. Ces interventions complémentaires sont la plupart du temps réalisées en ambulatoires, et nécessitent un arrêt de travail de 10 à 15 jours.

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Après quelques semaines d’auto-rééducation et si besoin de kinésithérapie complémentaire l’immense majorité des patientes récupère l’amplitude et la force de leur épaule et peuvent reprendre leurs activités quotidiennes ainsi que sportives antérieures.

Le fait que le muscle grand dorsal soit retiré ne présente pas d’inconvénient sur le long terme pour la patiente, en effet ce muscle à une fonction accessoire et verra son rôle remplacé par les autres muscles de l’épaule et du dos. C’est pourquoi l’activité sportive préopératoire et postopératoire est fortement conseillée afin de développer la musculature qui prendra le relai. Dans certains cas de figure, une partie du muscle pourra être conservé dans le dos de la patiente au prix d’une cicatrice plus longue. Cette technique s’appelle le Muscle-Sparing Latissimus Dorsi (MSLD), elle facilite légèrement la récupération initiale mais nécessite souvent plus de chirurgie complémentaire de transfert de graisse pour obtenir un résultat satisfaisant.