Cancers hématologiques

Généralités

Cette prise en charge complète est assurée tout au long du parcours des personnes malades depuis le diagnostic réalisé par une équipe spécialisée du Département de Biopathologie jusqu’à la prise en charge clinique assurée par le Département de Cancérologie médicale, en passant par les examens réalisés par les départements d’imagerie (Radiologie et Médecine nucléaire) et la recherche clinique.

Au Centre Léon Bérard, cette prise en charge peut être assurée parfois dans un contexte d’urgence thérapeutique avec l’obtention d’un rendez-vous en moins d’une semaine avec un médecin spécialiste avec parfois hospitalisation immédiate.

Les différents cancers

Les affections hématologiques malignes sont tous les cancers impliquant les globules et les cellules qui leur donnent naissance : leucémies aiguës et chroniques, lymphomes, maladie de Hodgkin, myélomes, etc.

Ils sont regroupés sous le terme d’hémopathies malignes : 

  • Lymphome : Ce cancer des cellules immunitaires peut toucher les ganglions, le système nerveux central, la moelle osseuse ou n’importe quel organe.
  • Myélome : Ce cancer caractérisé par une prolifération maligne dans la moelle osseuse de plasmocytes qui produisent des immunoglobulines (ou gammaglobulines ou anticorps).
  • Leucémie lymphoïde chronique : prolifération dans le sang de lymphocytes en quantité excessive.
  • Myelodysplasies et/ou leucémies : affections de la moelle osseuse responsables souvent d’une baisse des globules rouges, plaquettes et anomalies de globules blancs.

Diagnostic

Le diagnostic des hémopathies malignes dépendent de celle dont vous souffrez. Il repose sur des bilans sanguins, des examens d'immunologie, de cytologie et des examens d'imagerie qui peuvent être réalisés au CLB. Si cela n'est pas le cas et dans le cadre d'une 2e avis, les médecins auront besoin d'un dossier complet pour vous prendre en charge.

Les étapes du diagnostic selon les hémopathies Il n’existe pas de dépistage organisé des affections hématologiques malignes. Mais l’apparition de ganglions ou d’anomalies de la numération de la formule sanguine ou des protéines, doit vous amener à consulter votre médecin traitant. De même, en cas de fièvre prolongée, de baisse importante de l’état général et de douleurs inexpliquées, il est conseillé de consulter votre médecin.

Pour les lymphomes, la maladie de Hodgkin et les leucémies lymphoïdes chroniques, le diagnostic repose sur l’étude spécialisée (étude immunologique et souvent cytogénétique) un ganglion, du sang ou de la moelle osseuse et/ou d’un organe atteint. Un bilan sanguin, un bilan médullaire avec ponction de la moelle osseuse, un scanner de l’ensemble du corps et dans la plupart des cas un TEP Scan vous seront souvent prescrits dans le cadre du bilan d’extension de la maladie au sein de l’organisme.

Le myélome peut être évoqué devant des signes osseux, voire une insuffisance rénale ou une anémie. Le diagnostic est confirmé par une prise de sang spécialisée) et une ponction de moelle osseuse). Un bilan osseux complet et une IRM du squelette seront faits dans le cadre du bilan d’extension.

Pour les myélodysplasies et autres leucémies, le diagnostic doit être évoqué devant des perturbations de la numération de la formule sanguine, notamment une baisse des globules rouges et/ou des plaquettes et/ou des globules blancs. Le diagnostic sera confirmé par une analyse spécialisée de la moelle osseuse.

En mars 2016, un nouveau poste a été créé en hématologie : celui d’infirmière Aide Médicale Ambulatoire (AMA).

Ces infirmière experte de la pathologie proposent depuis un suivi des patients en phase de traitement actif par immunochimiothérapie à domicile. Le suivi post-cancer devrait être mis en place par la suite. En pratique, les patients sont vus par le médecin référent au moment du diagnostic (explications sur la maladie et le traitement), puis l’infirmière AMA prend le relais pour présenter le projet de soins et expliquer le suivi durant la phase active. Un lien téléphonique régulier L'infirmière téléphone au patient une à deux fois par semaine. Cela permet de prévenir les complications des chimiothérapies, d’éviter les réhospitalisations et de ne pas diminuer la dose intensité du traitement. Cette prise en charge à domicile est possible grâce au DCSEI (Département de coordination des soins externes et des interfaces). La coordination est réalisée au CLB et les soins sont prodigués par des professionnels de santé libéraux.

Traitement

La plupart des affections hématologiques malignes sont chimiosensibles et radiosensibles, c’est-à-dire très sensibles aux thérapeutiques modernes et à la radiothérapie. Ces traitements peuvent entraîner des rémissions durables et des guérisons. Comme pour tous les autres cancers, la décision du protocole de traitement se fait au cours d'une Réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP).

Le traitement associe généralement chimiothérapie et thérapeutiques ciblées immunologiques surtout des anticorps détruisant plus particulièrement les cellules anormales. La chirurgie peut parfois être prescrite. Elle a un rôle plus diagnostique que thérapeutique en dehors d’urgence particulière (traitement des effets secondaires de la maladie).

  • Chimiothérapie

La chimiothérapie reste le traitement de base de la plupart des affections hématologiques chroniques et va être adaptée à l’âge et à l’évolutivité de la maladie. Elle est presque systématiquement associée à des médicaments nouveaux ou thérapeutiques ciblées (immunologiques ou autres). Le but de ces traitements est d’obtenir une rémission complète de la maladie.

  • Radiothérapie

La radiothérapie est systématiquement utilisée, en complément de la chimiothérapie, dans le traitement de la maladie de Hodgkin localisée. Elle est plus rarement prescrite dans les autres indications (lymphomes, myélomes, etc.). Le Centre Léon Bérard est spécialisé dans la radiothérapie des myélomes et des maladies de Hodgkin ainsi que dans les irradiations corporelles totales parfois utilisées dans certaines indications.

  • Intensification thérapeutique avec autogreffe

Historiquement, notre établissement est expert dans ce type de traitement de consolidation réservés à certains lymphomes, myélomes et leucémies. Dans ce cadre, il est un établissement de référence. Cette intensification implique le recueil des cellules souches de la moelle osseuse (par cytaphérèse) qui sont ensuite conservées dans l’azote liquide puis réinjectées après une chimiothérapie plus intensive. Ce traitement nécessite une hospitalisation de trois semaines environ dans une unité d’hospitalisation dédiée et protégée.

Vie après cancer

Parfois, une surveillance exclusive peut être recommandée dans le suivi de certaines affections chroniques (leucémie lymphoïdes chroniques et lymphomes folliculaires notamment). Dans ce cas, il n’y a pas de traitement immédiat mais un suivi avec des bilans réguliers par le médecin spécialiste du CLB, en lien avec votre médecin traitant. Prise en charge des rechutes Le CLB est un établissement reconnu pour la prise en charge des rechutes avec notamment la chimiothérapie intensive avec ou sans autogreffe. Pour mieux vivre les traitements, des soins de support ou différents programmes d'accompagnement peuvent vous être proposés au Centre Léon Bérard. Différents professionnels de santé, médecins et paramédicaux pourront vous épauler. N'hésitez par à demander conseil à votre hématologue qui les connait bien.

Dans les autres cas la période qui suit l’obtention de la rémission fait l’objet d’une surveillance attentive et prolongée en lien avec le médecin traitant sur les 3 à 5 premières années.

Soins de support

Le Département interdisciplinaire de soins de support du patient en oncologie (DISSPO) propose des prises en charge adaptées : • Accompagnement social, avec un diagnostic individualisé de chaque situation :

  • Lutte contre les douleurs
  • Prise en charge nutritionnelle
  • Prise en charge des troubles sexuels
  • Kinésithérapie
  • Accompagnement psychologique : cette prise en charge peut être individuelle ou collective, dans le cadre de groupes de paroles.

Transfusions

La transfusion de globules rouges ou de plaquettes fait partie des soins complémentaires parfois nécessaires dans la prise en charge. Cette transfusion permet de compenser un manque de globules rouges ou de plaquettes.

Se sentir mieux

Un espace Bien-être est ouvert au rez-de-chaussée, accueil 1. Une coiffeuse vous donnera des conseils sur les cheveux, deux socio-esthéticiennes peuvent vous proposer des soins. Des enseignants d'activité physique adaptée sont également à votre écoute.

 

L’étude de cohorte PASCA (Parcours de Santé au cours du CAncer)

Une fois entrée dans la phase de surveillance, certains patients peuvent exprimer des difficultés sur le plan psycho-social, nutritionnel ou encore ressentir des effets tardifs des traitements. Cela peut complexifier leur retour à la vie d’avant. C’est dans ce contexte que l’étude PASCA (PArcours de Santé au cours du CAncer) a été lancée début 2021. L’intervention dans cette étude est simple : organiser 4 bilans de repérage chez les patients sur une période de 5 ans après l’entrée dans la surveillance. A l’issu de ces bilans, et grâce à son réseau, l’équipe PASCA vous aide à identifier un professionnel de santé ou une structure au plus proche de chez vous afin d’initier une prise en charge rapide et précoce et ainsi accélérer votre réhabilitation. L’étude est proposée aux patients de 18 à 65 ans, domiciliés sur Auvergne-Rhône-Alpes, qui ont bénéficié d’une chimiothérapie à minima pour un lymphome diffus à grandes cellules B, un lymphome hodgkinien ou une leucémie aigüe myéloïde.

Pour en savoir plus : cliquez ici

Essais cliniques

La participation à des études cliniques peut vous être proposée. Elle vous permettra d’avoir accès à des innovations thérapeutiques le plus souvent dans le cadre d’un groupe français ou européen (communautés scientifiques de médecins élaborant des protocoles de recherche clinique visant à offrir au patient le ou les meilleures thérapeutiques).

Les médecins qui assurent votre prise en charge au CLB sont souvent investigateurs de ces essais.

Essais de phase précoce

Les essais de phase I sont réalisés sur un petit nombre de patients répondant à des critères précis (âge, type de cancer, stade de la tumeur, autres traitements en cours…) et permettent d’étudier la tolérance du traitement chez l’homme. Ces essais de phase précoce ne peuvent être réalisés que dans des établissements agréés et expérimentés comme le Centre Léon Bérard. Un service dédié aux essais de phase précoce Le CLB fait partie des 16 centres français labellisés par l’Institut national du Cancer en tant que « Centre Labellisé INCa de Phase Précoce (CLIP2) » afin de faciliter l’accès aux molécules innovantes dans le traitement des cancers. Les essais de phase précoce demandent une participation plus intensive des patients que les essais de phase III, car les prélèvements sont nombreux (prise de sang, biopsies). Au CLB, un service dédié aux phases précoces a été créé, le Rez-de-chaussée B Nord, pour faciliter le travail de l’équipe de recherche sans perturber l’activité clinique de l’hôpital.

En hématologie, les études de phase précoce sont axées sur le myélome, les pathologies lymphoïdes et les modulateurs épigénétiques. Au quotidien, les infirmières travaillent en collaboration étroite avec les ARC et les techniciens. « Ma journée type consiste à recevoir les patients, réaliser les prélèvements, relever les constantes, administrer les traitement et faire le suivi », explique Mme Pretet. Les études durent en moyenne 2 à 3 mois (jusqu’à un an) et nécessitent une présence quasi hebdomadaire des patients.