Cancer du pancréas : un anticorps montre des résultats prometteurs lors d’un essai clinique précoce

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Une équipe de recherche du CRCL*, basée sur le site du Centre Léon Bérard, a développé un anticorps capable de bloquer l’un des mécanismes de résistance des cellules cancéreuses. Testé par des chercheurs dans le cadre d’un essai clinique de phase 1b piloté par l’équipe d’oncologie digestive de l’Université Grenoble Alpes et du CHU Grenoble Alpes, cet anticorps a amélioré l’efficacité de la chimiothérapie et prolongé la survie de patients atteints d’un cancer du pancréas localement avancé, jusque-là inopérable. Les résultats ont été publiés le 22 avril dans la revue Nature.

*Centre de recherche en cancérologie de Lyon (Centre Léon Bérard / CNRS / Inserm / Université Lyon 1). 

Cancer du pancréas : un anticorps montre des résultats prometteurs lors d’un essai clinique précoce Cancer du pancréas : un anticorps montre des résultats prometteurs lors d’un essai clinique précoce 2026-04-28T15:39:04+02:00 2026-04-28T15:53:28+02:00 /sites/default/files/2026-04/recherche-centre-leon-berard.jpg

Dans de nombreux cancers, certaines cellules tumorales résistent aux traitements en activant un mécanisme dit de "transition épithélio-mésenchymateuse" par lequel elles modifient rapidement leur forme et leur comportement, acquérant ainsi la capacité d’échapper aux traitements standards. Une équipe du Centre de recherche en cancérologie de Lyon, basée sur le site du Centre Léon Bérard, a montré que ce mécanisme reposait en partie sur l’activation anormale, lors de la progression tumorale, d’une protéine qui d’ordinaire n’est présente que pendant le développement embryonnaire : la nétrine-1.

Forts de cette découverte, les chercheurs ont développé un anticorps, le NP137, capable de se fixer sur la nétrine-1, et d’empêcher l’interaction de la protéine avec son récepteur cellulaire, bloquant ainsi la transition épithélio-mésenchymateuse des cellules tumorales4. Résultat : les tumeurs deviennent plus sensibles aux traitements anticancéreux.

Après des premières données prometteuses, ce candidat médicament vient de faire ses preuves dans un essai clinique de phase 1b (LAPNET-1 : soutenu financièrement par la Fondation ARC et la start-up NETRIS Pharma) chez 43 patients atteints d’un cancer du pancréas localement avancé initialement non opérables. Administré en association avec la chimiothérapie standard, le NP137 a permis d’améliorer significativement la durée de réponse à la chimiothérapie voire de prolonger la survie globale des malades par rapport aux données historiques rapportées chez les patients traités par chimiothérapie standard seule. Cet effet est particulièrement visible pour les malades dont les tumeurs portent le récepteur de la nétrine-1, chez qui le traitement s’est accompagné d’une prolongation de plus de 5 mois en moyenne de la survie sans progression après chimiothérapie6.

Si ces résultats restent à confirmer par un essai clinique de plus grande envergure, ils laissent entrevoir une option thérapeutique prometteuse pour ce cancer en forte progression, qui pourrait devenir la deuxième cause de mortalité par cancer d’ici les années 2030-2040. À terme, cette approche pourrait aussi s’étendre au-delà du cancer du pancréas, avec des applications possibles à d’autres tumeurs reposant sur le même mécanisme de résistance.