Le choix du traitement dépend notamment :
- du stade du cancer
- de la taille et de la localisation de la tumeur
- de l'atteinte éventuelle des ganglions lymphatiques
- de l'état de santé général de la patiente
- de ses attentes et de ses besoins.
La traitement est défini lors d'une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), réunissant différents spécialistes des cancers gynécologiques.
Au Centre Léon Bérard, l'ensemble du parcours de soins peut être réalisé au sein d'une équipe spécialisée : chirurgie, radiothérapie, traitements médicamenteux, chirurgie reconstructrice, soins de support et, lorsque cela est possible, accès à des essais cliniques.
La chirurgie
La chirurgie constitue le traitement de référence de la majorité des cancers de la vulve diagnostiqués à un stade localisé.
Elle poursuit deux objectifs : retirer complètement la tumeur et évaluer ou traiter une éventuelle atteinte des ganglions situés dans les plis de l'aine (ganglions inguinaux).

La chirurgie des ganglions
Les cellules cancéreuses peuvent se propager en premier lieu vers les ganglions lymphatiques de l'aine. Leur analyse est donc une étape essentielle de la prise en charge.
Selon la situation, deux interventions peuvent être proposées.
La technique du ganglion sentinelle
Lorsque certaines conditions sont réunies (notamment pour les petites tumeurs sans ganglion suspect), le chirurgien peut proposer une biopsie du ou des ganglions sentinelles.
Cette technique consiste à identifier le ou les premiers ganglions susceptibles de recevoir les cellulles cancéreuses grâce à l'injection d'un tracteur radioactif faiblement dosé, parfois associé à un colorant ou à un marqueur fluorescent (vert d'indocyanine ou ICG).
Seuls ces ganglions sont retirés puis analysés.
S'ils ne contiennent pas de cellules cancéreuses, un curage ganglionnaire complet peut généralement être évité. Cette approche permet de réduire le risque de certaines complications, notamment le lymphœdème du membre inférieur, les lymphocèles ou les douleurs chroniques.
Le curage ganglionnaire inguino-fémoral
Lorsque le ganglion sentinelle est envahi par des cellules cancéreuses, lorsqu'il n'est pas indiqué ou lorsque la tumeur présente certaines caractéristiques (par exemple une taille importante), un curage ganglionnaire peut être nécessaire.
Cette intervention consiste à retirer les ganglions lymphatiques de l'aine afin de préciser l'étendue de la maladie et d'adapter les traitements complémentaires.
L'exérèse de la tumeur
La seconde étape de la chirurgie consiste à retirer la tumeur avec une marge de tissu sain tout autour afin de limiter le risque de récidive locale.
Selon la localisation du cancer, cette intervention peut concerner des structures anatomiques voisines comme le capuchon clitoridien, l'urètre, le vagin ou l'anus.
Dans les formes les plus étendues ou selon la proximité avec des structures anatomiques, il peut exceptionnellement être nécessaire de réaliser une stomie digestive temporaire ou définitive ou de mettre en place une sonde urinaire pendant la période de cicatrisation.
La reconstruction vulvaire
Lorsque l'ablation de la tumeur entraîne une perte de substance importante, une reconstruction peut être réalisée au cours de la même intervention.
Les chirurgiens peuvent utiliser différentes techniques de reconstruction, notamment des lambeaux, qui consistent à déplacer des tissus provenant d'une zone voisine ou plus éloignée afin de reconstruire la vulve tout en favorisant une bonne cicatrisation.
Au Centre Léon Bérard, les chirurgiens gynécologues spécialisés en cancérologie peuvent travailler en collaboration avec les chirurgiens plasticiens afin de proposer la reconstruction la plus adaptée à chaque patiente.
La radiothérapie
La radiothérapie utilise des rayonnements de haute énergie pour détruire les cellules cancéreuses tout en préservant au maximum les tissus sains voisins.

Selon les situations, elle peut être proposée :
- après la chirurgie afin de diminuer le risque de récidive
- avant une intervention chirurgicale dans certains cas sélectionnés
- en association avec une chimiothérapie lorsque la chirurgie n'est pas réalisable ou risquerait d'être trop mutilante
- plus rarement pour soulager certains symptômes liés à une maladie avancée.
La radiothérapie traite généralement la vulve ainsi que des ganglions de l'aine et parfois ceux du pelvis.
Elle est réalisée sous forme de séances quotidiennes, cinq jours par semaine, pendant environ six à sept semaines.
Selon les situations, elle peut associer :
- une radiothérapie externe
- une curiethérapie, qui consiste à placer temporairement une source radioactive au contact de la zone à traiter.
Comme tout traitement, la radiothérapie peut entraîner des effets indésirables, notamment des irritations cutanées, des douleurs, des brûlures, une fatigues ou une inflammation des muqueuses.
Les équipes du Centre Léon Bérard proposent un accompagnement personnalisé et des soins de support afin de prévenir et de soulager ces effets secondaires.
Les traitements médicamenteux
Les traitements médicamenteux regroupent principalement la chimiothérapie, mais aussi, selon les situations, d'autres traitements comme l'immunothérapie ou les thérapies ciblées.

La chimiothérapie
La chimiothérapie est le plus souvent administrée en même temps que la radiothérapie afin d'en renforcer l'efficacité. On parle alors de radiochimothérapie concomitante.
Dans les cancers récidivants ou métastatiques, elle peut également être proposée seule ou en association avec d'autres traitements médicamenteux.
Le protocole est adapté à chaque patiente en fonction des caractéristiques de la maladie et son état de santé.
L'immunothérapie et les autres traitements
Pour certaines patientes atteintes d'un cancer avancé ou récidivant, d'autres traitements peuvent être envisagés, notamment une immunothérapie ou des traitements ciblés, lorsque leurs indications sont réunies.
Ces traitements ne concernent pas toutes les patientes et sont proposés après une évaluation personnalisée de la situation.
Les essais cliniques
Le Centre Léon Bérard participe à de nombreux essais cliniques consacrés aux cancers gynécologiques.
Lorsque la situation le permet, les médecins peuvent proposer à une patiente de participer à un essai clinique. Ces études permettent d'évaluer de nouvelles stratégies thérapeutiques ou de nouveaux médicaments, dans un cadre strictement réglementé.
La participation à un essai clinique est toujours volontaire. Elle est proposée uniquement lorsque les critères médicaux et après une information complète de la patiente.
Une prise en charge personnalisée
Le traitement du cancer de la vulve ne se limite pas à la prise en charge de la tumeur.
Tout au long du parcours de soins, les équipes du Centre Léon Bérard proposent un accompagnement global comprenant notamment :
- la prise en charge de la douleur
- les soins infirmiers spécialisés
- les soins de support
- un accompagnement psychologique
- un accompagnement social
- une prise en charge de la sexualité et de la qualité de vie lorsque cela est nécessaire.
Chaque traitement est adapté à la situation médicale, mais aussi aux besoins et aux projets de vie de la patiente.