Prévention et diagnostic - Cancer de la vulve


Comment prévenir le cancer de la vulve ?

Tous les cancers de la vulve ne peuvent pas être évités. Certaines mesures permettent néanmoins de réduire le risque, notamment pour les cancers associés à une infection par un papillomavirus humain, ou HPV.

La vaccination contre les papillomavirus humains

Certains cancers de la vulve sont liés à une infection persistante par un papillomavirus humain à haut risque. La vaccination contre les HPV protège contre les principaux virus responsables de lésions précancéreuses et de plusieurs cancers, notamment certains cancers de la vulve.

En France, la vaccination contre les HPV est recommandée :

  • aux filles et aux garçons âgés de 11 à 14 ans révolus
  • en rattrapage, aux jeunes femmes et aux jeunes hommes non vaccinés ou insuffisamment vaccinés, jusqu'à l'âge de 26 ans révolus.

La vaccination est plus efficace lorsqu'elle est réalisée avant l'exposition aux HPV. Elle peut toutefois rester utile après le début de la vie sexuelle.

À noter : la vaccination ne protège pas contre tous les types de HPV ni contre tous les cancers de la vulve. Elle ne remplace donc pas une consultation en cas de symptôme ou de lésion vulvaire persistante.

L'arrêt du tabac

Le tabagisme favorise la persistance des infections par les HPV et augmente le risque de développer certaines lésions précancéreuses de la vulve.

L'arrêt du tabac contribue ainsi à réduire le risque de cancer associé au HPV. Il est également particulièrement important après le diagnostic et le traitement d'une lésion précancéreuse ou d'un cancer, afin de diminuer le risque de lésion ou de récidive.

Les professionnels de santé peuvent accompagner les patientes qui souhaitent arrêter de fumer et leur proposer une prise en charge adaptée.

La surveillance des lésions précancéreuses et des maladies de la vulve

Certaines lésions précancéreuses peuvent évoluer vers un cancer lorsqu'elles ne sont pas prises en charge. D'autres maladies chroniques de la vulve, comme le lichen scléreux, nécessitent également une surveillance régulière.

Le suivi médical permet :

  • d'examiner régulièrement la vulve
  • de surveiller l'évolution des lésions
  • de proposer un traitement lorsque cela est nécessaire
  • de repérer rapidement toute nouvelle anomalie
  • de diagnostiquer un éventuel cancer à un stade précoce.

Cette surveillance doit parfois être poursuivie pendant plusieurs années, car une nouvelle lésion ou un cancer peut apparaître longtemps après le premier diagnostic.

Consulter en cas de symptôme persistant

Une consultation précoce constitue un élément essentiel de la détection du cancer de la vulve.

Il est recommandé de consulter en présence d'une anomalie qui persiste, notamment :

  • des démangeaisons ou des brûlures vulvaires
  • une douleur inhabituelle
  • un bouton, une boule ou un épaississement
  • une plaie ou une fissure qui ne cicatrise pas
  • une modification de la couleur ou de l'aspect de la peau
  • un saignement
  • des pertes inhabituelles.

Ces symptômes ont le plus souvent une cause bénigne. Ils nécessitent néanmoins un examen médical lorsqu'ils persistent, s'aggravent ou réapparaissent malgré un traitement.

Une consultation spécialisée des pathologies vulvaires au Centre Léon Bérard

consultation

Le Centre Léon Bérard propose une prise en charge spécialisée des lésions et des maladies de la vulve.

Une consultation associant une gynécologue et une dermatologue spécialisées dans les pathologies vulvaires permet de croiser leurs expertises. Cette organisation facilite le diagnostic des maladies de la vulve, la surveillance des lésions précancéreuses et l'orientation vers une prise en charge adaptée.

L'examen clinique de la vulve

Le professionnel de santé interroge tout d'abord la patiente sur ses symptômes, leur ancienneté et ses éventuels antécédents gynécologiques, dermatologiques ou médicaux.

Il réalise ensuite un examen soigneux de l'ensemble de la vulve afin d'évaluer :

  • la localisation de la lésion
  • son aspect
  • sa taille
  • le nombre éventuel de lésions
  • sa proximité avec le clitoris, l'urètre, le vagin ou l'anus.

Le vagin et le col de l'utérus peuvent également être examinés, notamment pour rechercher d'autres lésions éventuellement associées à une infection par un HPV.

Le médecin examine aussi les plis de l'aine à la recherche de ganglions augmentés de volume. Le présence d'un ganglion volumineux ne signifie pas nécessairement qu'il est atteint par le cancer : une infection ou une inflammation peut également entraîner son augmentation de taille.

La biospie : l'examen qui confirme le diagnostic

Lorsqu'une lésion paraît suspecte, une biopsie est nécessaire pour établir le diagnostic.

La biopsie consiste à prélever un petit fragment de la lésion. Elle est généralement réalisée sous anesthésie locale, au cours d'une consultation ou d'un acte ambulatoire. Lorsque plusieurs zones sont anormales, plusieurs prélèvements peuvent être nécessaires.

Le prélèvement est ensuite analysé au microscope par un médecin anatomopathologiste. Cette analyse permet de déterminer :

  • si la lésion est bénigne, précancéreuse ou cancéreuse
  • le type de cellules concernées
  • certaines caractéristiques biologiques de la tumeur
  • la profondeur d'invasion lorsque le prélèvement permet de l'évaluer.

Seule l'analyse anatomopathologique de la biopsie permet de confirmer avec certitude le diagnostic de cancer de la vulve.

Le délai nécessaire pour obtenir les résultats peut varier selon les analyses demandées. Le médecin informe la patiente du délai prévisionnel et organise une consultation pour lui expliquer les résutats.

Le bilan d'extension

Lorsque le biopsie confirme un cancer de la vulve, des examens complémentaires peuvent être prescrits afin d'évaluer l'étendue de la maladie. C'est ce que l'on appelle le bilan d'extension.

Le choix des examens dépend notamment :

  • de la taille et de la localisation de la tumeur
  • de sa profondeur
  • de sa proximité avec les organes voisins
  • de l'aspect des ganglions de l'aine
  • des symptômes et de l'état général de la patiente.

Tous ces examens ne sont donc pas systématiquement réalisés chez toutes les patientes.

L'IRM pelvienne

L'imagerie par résonnance magnétique, ou IRM, permet d'étudier précisément la tumeur et ses rapports avec les structures voisines.

Elle peut notamment aider à déterminer si la maladie est proche ou atteint l'urètre, le vagin, la vessie, l'anus ou le rectum.

L'échographie des ganglions de l'aine

Une échographie peut être réalisée afin d'étudier les ganglions inguinaux, situés dans les plis de l'aine.

Lorsqu'un ganglion paraît suspect, un prélèvement à l'aide d'une aiguille peut parfois être proposé afin de rechercher la présence de cellules cancéreuses.

Le scanner thoraco-abdomino-pelvien

Le scanner permet d'examiner le thorax, l'abdomen et le pelvis. Il est notamment utilisé lorsque le médecin souhaite rechercher une éventuelle extension de la maladie aux ganglions ou à d'autres organes.

Le TEP-scanner

Le TEP-scanner, ou tomographie par émission de positions associée à un scanner, peut être proposée dans certaines situations. Il permet de repérer des zones présentant une activité métabolique anormalement élevée, qui peuvent correspondre à une atteinte tumorale.

Détermine le stade du cancer

Les résultats de l'examen clinique, de la biopsie et des examens d'imagerie permettent de déterminer le stade du cancer.

Le stade prend notamment en compte :

  • la taille de la tumeur
  • sa profondeur d'invasion
  • son éventuelle extension aux organes voisins
  • l'atteinte ou non des ganglions
  • la présence éventuelle de localisations à distance.

Cette évaluation permet à l'équipe médicale de proposer le traitement le plus adapté.

Une décision prise en réunion de concertation plurdisciplinaire

Au Centre Léon Bérard, le dossier est présenté en réunion de concertation pluridisciplinaire, ou RCP.

Cette réunion rassemble différents spécialistes impliqués dans la prise en charge des cancers gynécologiques : chirurgiens, oncologues médicaux, oncologues radiothérapeutes, radiologues, anatomopathologistes et autres professionnels selon les besoins.

À l'issue de cette concertation, le médecin présente à la patiente la proposition de traitement, ses objectifs, ses modalités et ses éventuels effets indésirables. La décision est ensuite prise avec elle, en tenant compte de sa situation médicale, de ses besoins et de ses préférences.

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