Traitement par immunothérapie

Traiter le cancer en utilisant le système immunitaire du patient, tel est le principe de l'immunothérapie qui a fait l’objet en 2014 et 2015 de nombreuses présentations à l’ASCO un congrès mondial qui réunit chaque année à Chicago plus de 30 000 cancérologues.

L’objectif de l’immunothérapie est d’exploiter les fonctions de contrôle du système immunitaire, qui sont bloquées par la tumeur, (habituellement, le système immunitaire détecte les cellules tumorales comme un danger et les élimine). L’idée est donc de réactiver et « booster » le système immunitaire — les lymphocytes T — pour que celui-ci s’attaque encore plus efficacement aux cellules tumorales. Dans cette approche, le système immunitaire est vu comme un médicament, non pas chimique mais naturel.

 

 

L’immunothérapie est en fait une nouvelle forme de thérapie ciblée qui vise soit la cellule tumorale soit les cellules immunitaires. Dans le premier cas, essentiellement pratiqué entre proposés entre les années 1990 et 2010, des anticorps « monoclonaux » sont utilisés pour s’attaquer à l’anomalie moléculaire de la tumeur. Dans le second cas, ce sont les acteurs du système immunitaire qui sont visés et que l’on tente de réactiver par le biais d’anticorps immunorégulateurs ou de molécules chimiques (adjuvantes).

Depuis 2010, la recherche se développe essentiellement sur cette cible.

Le saviez-vous ?

Les équipes de recherche du Centre Léon Bérard et du Centre de recherche en cancérologie de Lyon mènent différentes recherche dans le domaine de l’immunothérapie. Un des trois départements du CRCL, Immunité Virus et Inflammation, s’intéresse tout particulièrement à ces mécanismes. Les scientifiques cherchent à réveiller les armes naturelles du patient afin d’utiliser ses propres cellules comme nouvelle voix de traitement.

Côté recherche clinique, c’est-à-dire la recherche proposée au chevet du patient, plusieurs traitements innovants sont proposés. En 2015, 14 études étaient ouvertes aux inclusions et 83 patients ont pu en bénéficier.

 

L’immunothérapie est en fait une nouvelle forme de thérapie ciblée qui vise soit la cellule tumorale soit les cellules immunitaires. Dans le premier cas, essentiellement pratiqué entre proposés entre les années 1990 et 2010, des anticorps « monoclonaux » sont utilisés pour s’attaquer à l’anomalie moléculaire de la tumeur. Dans le second cas, ce sont les acteurs du système immunitaire qui sont visés et que l’on tente de réactiver par le biais d’anticorps immunorégulateurs ou de molécules chimiques (adjuvantes). Depuis 2010, la recherche se développe essentiellement sur cette cible.

3 questions au Dr Maurice Pérol, oncologue médical au Centre Léon Bérard

 
On parle de révolution de l'immunothérapie dans le traitement des cancers, pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

L'immunothérapie diffère des autres traitements du cancer par le fait qu'elle ne cible pas directement les cellules cancéreuses mais le système immunitaire du patient. Les traitements utilisés actuellement visent à libérer ou rétablir l'action développée par le système immunitaire du patient contre sa tumeur, afin de la réduire, voire de l'éliminer du fait de la "mémoire" propre au système immunitaire capable de reconnaître et d'éliminer une éventuelle résurgence des cellules cancéreuses. Nous vivons actuellement le début d'une véritable révolution thérapeutique qui devrait toucher à terme de nombreux types de cancer, grâce au développement de nombreux médicaments visant à utiliser les propres défenses immunitaires du patient pour lutter contre la tumeur.

Quelles sont les spécificités de l'immunothérapie ?

Les traitements récemment développés cherchent à inhiber le contrôle qu'exercent les cellules cancéreuses sur le système immunitaire du patient. Ce faisant, il est possible d'obtenir des réductions tumorales importantes, parfois des rémissions qui sont beaucoup plus prolongées que celles obtenues par les traitements traditionnels. Malheureusement, seule une proportion encore minoritaire des patients répond à l'immunothérapie (ce sont les patients dont le système immunitaire reconnaît effectivement les cellules cancéreuses comme étrangères à l'organisme et cherche à les détruire) et nous travaillons actuellement à augmenter cette proportion. La tolérance des traitements est en règle générale bonne bien qu'une minorité de patients peut voir apparaître des réactions appelées "auto-immunes", signifiant que la stimulation excessive du système immunitaire peut entraîner des dommages sur les propres organes du patient.

Dans quels types de cancer est utilisée l'immunothérapie et à quel stade de la maladie ?

Actuellement, l'immunothérapie est utilisée en pratique courante dans le traitement des stades avancés des mélanomes et des cancers du poumon. Elle est développé dans de nombreuses autres tumeurs telles que les cancers du rein, les cancers de vessie, les cancers ORL, la maladie de Hodgkin, les cancers du sein … et devrait à terme jouer un rôle majeur dans la prise en charge de la majorité des tumeurs, y compris dans les stades plus précoces.

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