Problèmes nutritionnels

Ces problèmes sont extrêmement fréquents et peuvent revêtir bien des aspects.

Tout d’abord, nombre de patients sont inquiets de savoir s’ils doivent adopter une attitude nutritionnelle particulière, notamment pour limiter la fatigue. Aucune supplémentation systématique n’est recommandée ni même recommandable. Seules des consignes générales (alimentation variée, adaptée aux goûts du patient, avec surveillance régulière du poids) peuvent être proposées. Les supplémentations vitaminiques doivent être utilisées avec précautions, uniquement par palier en cas de carence avérée : bien que séduisantes pour beaucoup de patients, il peut exister des interactions à risque avec certaines chimiothérapies (dont l’action est basée sur des mécanismes anti-vitaminiques). De plus, certains arguments commencent à apparaître dans la littérature scientifique qui évoque un effet délétère en terme de survie de l’adjonction de cocktails vitaminiques.

La perte de poids doit conduire à une prise en charge adaptée. Le dépistage de la dénutrition et le suivi pondéral doivent être mis en place.
Une fois contrôlés les phénomènes de nausées ou vomissements induits par le traitement, ou qu’un obstacle a la déglutition a été écarté ou pallié (dilatation, pose de prothèse, irradiation focalisée...), on peut néanmoins régulièrement se retrouver confronté à un patient dont les ingesta sont insuffisants.
Une prise en charge diététique spécifique est utile pour adapter l’alimentation en fonction des symptômes et la mettre en adéquation avec les besoins nutritionnels. Des compléments alimentaires oraux peuvent être prescrits (à bien distinguer des suplémentations vitaminiques). Il convient de bien faire comprendre au patient qu’il s’agit là de médicaments et non de substituts de repas facultatifs. Régulièrement, leur observance peut rester problématique. Il faut alors discuter un apport digestif entéral et un soutien nutritionnel artificiel. Dans tous les cas, la voie entérale doit être privilégiée (alimentation par sonde naso-gastrique, ou gastrostomie). En effet, celle-ci est plus physiologique et favorise la reprise d’une alimentation orale normale en maintenant une stimulation du tube digestif.
L’alimentation parentérale devra être évitée aussi souvent et aussi longtemps que possible : ses résultats en terme nutritionnel sont inférieurs à la voie entérale. Elle nécessite des supplémentations vitaminiques spécifiques. Elle peut être délicate à gérer en cas de patients diabétiques et requiert une surveillance biologique appropriée. Cet apport est plus pourvoyeur de complications infectieuses nécessitant des hospitalisations avec dépose du matériel implanté alourdissant la prise en charge. Il s’agit donc là d’une solution d’ultime recours.

Enfin, une prise de poids peut être observée. Il peut s’agir de phénomènes de rétention hydro-sodée (favorisée notamment par les taxanes), ou bien de perturbation du métabolisme lipidique (traitement anti hormonal). Dans ce dernier cas, une prise en charge diététique attentive là aussi est fortement recommandée, car il a été démontré que la prise de poids était délétère en terme de survie et de risque de récidive, notamment dans la prise en charge des cancers du sein. Soulignons ici que les perturbations du métabolisme lipidique induites par les traitements anti-hormonaux ne relèvent pas d’une prise en charge spécifique et obéissent aux mêmes principes que les dyslipidémies classiques.

Des conseils diététiques en rapport avec les pathologies cancéreuses sont disponibles sur le site web du réseau NACRE.

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