Inauguration de la plateforme de Recherche Translationnelle du Centre Léon Bérard

Le 20 février, le Centre Léon Bérard a inauguré sa plateforme de recherche translationnelle située aux 2e et 3e étages du bâtiment Cheney B. La construction de ce bâtiment a pu être réalisée grâce à une subvention de la Région Rhône-Alpes. L’aménagement des deux étages de la plateforme a été financé grâce au soutien des donateurs du Centre Léon Bérard.

Proposer aux chercheurs des équipements et compétences permettant de transformer leurs découvertes de laboratoire en avancées scientifiques concrètes pour le patient (nouveaux traitements, thérapies ciblées, tumeurs rares mieux diagnostiquées et donc mieux traitées) : tel est le principal objectif de la nouvelle plateforme de recherche translationnelle.

 

Le bâtiment Cheney B du Centre Léon Bérard, inauguré fin 2014, est dédié à la médecine de précision. Ce lieu unique en région a pour particularité de rassembler des équipes de recherche fondamentale et de recherche clinique autour d'une recherche de transfert d'excellence (également appelée recherche translationnelle). Créer une passerelle entre ces différentes équipes a pour ambition d'accéler les découvertes faites en laboratoires et leurs applications aux personnes malades, pour une médecine de précision de plus en plus personnalisée et adaptée aux différents profils de tumeur et à chaque patient.

Cette nouvelle plateforme de recherche translationnelle est installée au coeur de ce bâtiment. Elle réunit différentes équipes spécialisées qui mettent à disposition de la communauté scientifique leurs équipements et compétences en génomique, transcriptomique ou encore bioinformatique. Grâce à ses équipements de dernière génération, cette plateforme figure parmi les plus performantes en France, ce qui devrait permettre d'améliorer le diagnostic, le traitement des cancers, mais aussi le suivi à long terme des patients. 

Qu'est-ce que la médecine de précision ?

Aujourd’hui, les progrès scientifiques permettent de mieux comprendre les mécanismes de développement de certains cancers. Même s’ils touchent un même organe, les cancers sont en effet très différents les uns des autres, comportant des spécificités propres à chaque patient. La médecine de précision consiste à traiter chaque patient de façon individualisée en fonction de son profil génétique et biologique, mais également de son environnement et de son mode de vie.


 



Lors de cette inauguration, Jean-Yves Blay, directeur général du Centre Léon Bérard, Alain Puisieux, directeur du Centre de recherche en cancérologie de Lyon, Marina Rousseau-Tsangaris, directrice adjointe à la Direction de la recherche translationnelle et Yannick Neuder, vice-président du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, délégué à la recherche, l’innovation et l’enseignement supérieur, sont revenus sur le continum soins-recherche mis en place dans les années 90 et qui fait la spécificité du Centre Léon Bérard.

Les invités ont ensuite pu découvrir les différentes équipes de recherche, les expertises et le matériel de haute-technologie utilisé, comme par exemple la salle contenant les séquenceurs d’ADN (séquenceurs de nouvelle génération dits NGS pour Next Generation Sequencing).

Recherche translationnelle, de quoi s’agit-il ?


La recherche translationnelle (ou recherche de transfert) se situe entre la recherche fondamentale et la recherche clinique. Elle implique une grande collaboration entre chercheurs et cliniciens car elle doit permettre un transfert des connaissances dans les deux sens : à la fois de la recherche fondamentale vers l'application au patient mais également des observations faites sur le patient vers la recherche fondamentale.

Depuis de nombreuses années au Centre Léon Bérard, l’importance d’un lien fort entre la recherche fondamentale (dans les laboratoires) et la recherche clinique (au chevet du patient) a été démontrée. La recherche translationnelle permet ainsi d’accélérer la recherche pour apporter plus rapidement aux patients des solutions diagnostiques et thérapeutiques. Concrètement, elle permet de transformer les découvertes faites sur les mécanismes fondamentaux de développement des cancers en médicaments, tests diagnostiques ou pronostiques ou encore de faire évoluer les équipements utilisés dans les traitements chirurgicaux (robots chirurgicaux, radiothérapie, radiologie interventionnelle).

 

 

Un exemple concret du continuum soins-recherche
NP137 : du laboratoire au chevet du patient

Après 30 ans de recherche sur les mécanismes "récepteurs à dépendance", les travaux de Patrick Mehlen, directeur de la Recherche Translationnelle du CLB, et du laboratoire "Récepteurs à dépendance, cancers et développement" au sein du Centre de recherche en Cancérologie de Lyon, viennent d'aboutir à la conception d'un nouveau médicament qui est testé pour la première fois chez l'homme en ce début d'année. A terme, 44 personnes pourront être incluses dans cet essai de phase précoce promu par le Centre Léon Bérard et visant à évaluer la tolérance, le profil pharmacocinétique et l’activité anti-tumorale d’un anticorps monoclonal humanisé ciblant la Nétrine 1 (NP137) chez des patients atteints de tumeurs solides à un stade avancé ou métastatique.

Ainsi, malgré les progrès thérapeutiques des thérapies ciblées et de l’immunothérapie, le pronostic des patients atteints de tumeurs solides à un stade avancé ou en phase métastatique reste péjoratif. Il existe donc un besoin médical persistant de traitements anticancéreux efficaces ciblant de manière sélective les cellules cancéreuses. Le développement d’agents qui rétablissent/activent les voies conduisant à la mort des cellules, et spécifiquement des cellules tumorales, est une stratégie thérapeutique totalement nouvelle s’appuyant sur les « récepteurs à dépendance ». Pour développer ce nouveau médicament, une société de biotechnologie a été créée en 2008 et incubée sur le site du Centre Léon Bérard. Il s’agit de la société Netris Pharma, pionnière dans la recherche et le développement de thérapies ciblées basées sur le concept innovant des récepteurs à dépendance.


« L’une des spécificités du Centre Léon Bérard est d’avoir en un même lieu une activité de recherche très forte et une activité de soins d’excellence. Cette alliance est propice au développement de l’esprit d’entreprise, que nous encourageons, avec une recherche résolument tournée vers des applications potentielles, explique Jean-Yves Blay, directeur général. Notre centre est aujourd’hui un site d’accueil privilégié pour l’incubation d’entreprises innovantes qui peuvent ainsi bénéficier de l’expertise et des plateaux techniques de nos équipes».

 

 

Réunir sur un seul et même site, chercheurs, médecins et patients pour faire progresser la médecine et la science, tel était le pari pris dans les années 90 par le Pr Thierry Philip, alors directeur général du Centre Léon Bérard et le Pr Alain Puisieux, directeur de la recherche.

Plus de 25 ans plus tard, il est en passe d’être gagné.

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